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C'est presque un marronnier dans la presse, le partage inégalitaire des tâches ménagères ne recule que très très lentement. Alors que les femmes continuent à assumer 80% des tâches ménagères, leurs salaires restent inférieurs de plus de 20% à ceux des hommes. Scandaleux, mais tel n'est pas l'objet de ce post.

 

Une récente étude de l'univeristé de Lancaster  publiée par le Guardian a montré que « Les papas sont plus heureux quand ils assument plus de travail domestique ». Selon cette étude, plus les pères s'impliquent dans la vie de leur foyer, moins ils seraient stressés... l'étude nuance toutefois cette affirmation en ajoutant que les pères de deux enfants sont moins stressés que ceux n'ayant qu'un ou trois enfants.

 

David Abiker apporte une objection de taille à cette information sur son blog en expliquant que c'est surtout la «charge mentale » provoquée par les tâches ménagères qui peut être facteur de stress. Et pour cause! Avoir à penser aux tâches ménagères, au fait que son partenaire n'y pensera pas, tel est le vrai stress. Et de conclure « cette obligation d’anticiper en lieu et place du partenaire, voilà la vraie corvée, voilà le vrai stress. » Ce stress incombe aux femmes depuis des siècles. La véritable évolution passerait donc non pas par un partage des tâches mais un partage du stress? Bonne question!

 

Mais finalement, le plus important dans cette étude n'est pas que les hommes vivent bien le fait d'effectuer les tâches ménagères, mais le conservatisme des employeurs. L'étude de l'Université de Lancaster précise en effet que si les mentalités évoluent autour du concept de « child care » (qui s'occupe de l'enfant et comment) dans les couples, les employeurs n'adaptent pas l'organisation de l'entreprise aux nouvelles aspirations de leurs salariés hommes et pères de familles. Les hommes en pâtiraient donc aussi. "Enfin!!" me direz-vous?!!

 

Donc, si d'un côté les femmes voient leur carrière stagner et leur salaire demeurer inférieur à celui des hommes, et de l'autre si les hommes ne peuvent s'impliquer dans leur vie de famille autant qu'ils le souhaitent, c'est peut-être aussi parce que l'entreprise n'évolue pas aussi vite que la société... Les responsables RH voient pourtant cette évolution depuis des années dans la gestion de l'expatriation de leurs salariés. Si avant (et c'est bien connu "c'était mieux avant!"), les femmes abandonnaient leur carrière pour suivre leur conjoint, aujourd'hui ce n'est plus aussi simple à gérer dans une famille et les femmes n'acceptent plus cet état de fait aussi facilement. D'autant que l'entreprise ne peut pas toujours apporter de réponse à ce problème épineux qui rejailli sur l'équilibre de toute la famille. Par ailleurs, de plus en plus de femmes sont suivies par leur mari qui met (enfin) sa carrière entre parenthèse à son tour. Mais la mise entre parenthèse de la carrière de son partenaire constitue-t-elle réellement un progrès?

 

L'entreprise a donc encore de gros progrès à faire en matière de gestion des ressources humaines, et ceci dans son propre intérêt. Car avec des salariés-parents sereins, sa productivité suivra forcément! Quant aux salariés sans enfants à qui l'on impose de prendre leurs vacances hors période scolaire et tout un tas d'autres choses au prétexte que eux, ils n'en ont pas, donc pas de contraintes (sic)... et bien on en parlera dans un prochain post!

Tag(s) : #Discriminations