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10 ans. 10 ans que nous nous souvenons de ce jour. 10 ans que nous nous rappellons ce que nous faisions à l'instant précis où nous avons appris la nouvelle. Cette année, en confrontant mes souvenirs avec ceux de ma famille, nous nous sommes rendus compte que pour un même événement que nous avons vécu ensemble, nous nous n'évoquions pas tout à fait les mêmes événements et  n'avions pas eu les mêmes impressions. La mémoire avait déformé les choses et le temps avait fait son oeuvre. Aujourd'hui, ma mère et mes frères tiennent aussi un blog. Nous avons donc décidé de partager nos souvenirs et surtout nos points de vue. Enjoy.

 

Allume la télé chez ma mère

Payes ta sieste chez mon frère

 September 11 chez mon frère


 

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C’était 10 jours avant mon départ en Erasmus. J’avais  décidé de partir en Angleterre étudier… le Moyen-Orient. Comment aurais-je pu deviner que ce choix allait être prémonitoire ?

Mes cartons étaient quasi faits. Ma mère devait m’emmener en voiture depuis Lyon à Exeter. Un sacré périple, mais qui devait me permettre d’être bien équipée dans ma résidence étudiante déjà choisie et réservée.

Je m’ennuyais donc ferme en ce début du mois de septembre. J’étais angoissée par mon départ. C’était la première fois que j’allais quitter ma famille aussi longtemps et je savais que la séparation serait douloureuse. On ne quitte pas une famille de 4 enfants facilement quand on en est l’aînée, dévouée qui plus est.

 Certains de mes camarades de promos étaient déjà partis à l’étranger, notamment ceux qui passaient l’année aux Etats-Unis. L’année universitaire commençant très tôt là-bas, ils étaient déjà sur leur campus de Philadelphie ou Boston.

C’était donc dans un mélange d’excitation et de mollesse que je me trouvais ce 11 septembre. Mes parents étaient au bureau, mon plus jeune frère et ma petite sœur à l’école. Restait mon frère cadet, malade ce jour-là et donc au fond de son lit. En ce début d’après-midi je zappais sur Canal Satellite et prise d’une angoisse je décidais de regarder  les informations en Anglais, cela me ferait du bien et me préparerait au choc linguistique qui m’attendait d’ici quelques jours.

Je zappais donc tranquillement sur CNN quand je vis surgir le bandeau « Breaking News » les images de la première tour, la fumée. J’écoutais attentivement les commentaires, pas sûre de tout comprendre. En zappant sur Sky News et la BBC je me rendis compte que l’événement allait avoir un retentissement planétaire. C’est en voyant en direct l’avion heurter la seconde tour que je fus prise d’une énorme angoisse. A tel point que ma solitude devant la télévision me gênait. Je  me ruais donc dans l’escalier pour réveiller mon frère de sa torpeur fiévreuse.

 Dans son souvenir, quand nous en reparlons, il dit que je l’ai réveillé en lui disant « C’est la guerre ! ». Je ne m’en souviens plus. Tout ce que je sais, c’est que j’étais très inquiète. Nous avons regardé les chaînes d’info ensemble un bon moment. J’ai rapidement appelé ma mère sur son portable pour lui dire d’allumer la télévision si elle en trouvait une à proximité. Je lui ai du même coup annoncé l’attaque des tours jumelles. Au bout de quelques heures je l’ai rappelée en lui demandant si elle comptait rentrer un jour, avec mon sens légendaire de la dramatisation… hérité d’elle, cela va sans dire ! Petit à petit nous nous sommes tous retrouvés devant  la télévision. Lorsque mon plus jeune frère est rentré de l’école, et qu’il a été convoqué dans le salon d’un « Viens ici toi ! » il a cru que mes parents avaient découvert qu’il séchait les cours. Ce n’est que bien plus tard qu’il nous a avoué ce qu’il avait en tête ce jour-là en arrivant à la maison.

Nous avons ensuite tous regardé la télévision ensemble très tard.

Dix jours plus tard c’est finalement mon père qui m’emmènerait en Angleterre. Le 21 septembre 2001. Nous passerions la journée accrochés à la radio à écouter les informations qui tomberaient une à une sur la castratophe AZF qu’à l’époque nous pensions être un attentat. Un moment tout à fait propice pour quitter le nid familial !

 

 

 

Tag(s) : #Mon humeur