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  Maïtena Biraben, Ele Asu et Caroline Roux sur Canal+


Si vous n’avez pas encore entendu parler du groupe d’action féministe  la Barbe, c’est que vous le faites exprès. Depuis 2008 ces activistes féministes ont fait du happening et de l’apparition surprise un mode opératoire. Très récemment, c’est lors de la conférence de rentrée d'Europe 1 qu'elles se sont exprimées pour critiquer le petit nombre de femmes dans la grille de rentrée de la radio face aux hommes qui occupent les cases les plus stratégiques de la grille.

 

Après la publication de leur communiqué la nouvelle émission d'Europe 1 "Des Clics et des claques" proposera d'ailleurs que les militantes viennent débattre avec les journalistes de la chaîne. C'est finalement Isabelle Germain, fondatrice du site d'information les Nouvelles News et féministe très active sur la toile qui viendra porter la parole du groupe de barbues et échanger avec les journalistes d'Europe 1. Un débat utile et salutaire qui tranche avec les réactions habituellement suscitées par les actions de la Barbe. La même semaine, ce sont les journalistes de la matinale de Canal + qui ont ouvert l'émission en portant le postiche favori des militantes féministes et qui leur ont ouvert l'antenne. Alix Béranger, membre active de la Barbe était interviewée en deuxième partie d'émission.

 

Mais alors, pourquoi accepter d'être à l'antenne de la matinale et refuser l'invitation d'Europe 1? Alix Béranger a accepté de répondre à quelques questions pour Esprit de contradiction.


Depuis quand existe le groupe la Barbe?

La Barbe existe depuis février 2008. 

Etes-vous nombreuses à travers la France?

Nous sommes une centaine, et nous avons des groupes un peu partout désormais (Ouest et Sud-ouest sont actifs par exemple voir leur page sur Facebook).

Habituellement on vous voit lors d'assemblées générales de grands groupes ou dans des assemblées politiques, en cette rentrée vous êtes sur plusieurs fronts médiatiques : tv, radio. Quelle est votre prochaine cible?

 Ah ah bien tenté mais on ne donnera pas notre prochaine cible ;) ! en fait nous en avons toujours plusieurs sur le feu, nous attendons tout simplement le bon moment pour intervenir.

Sur Europe 1 vous avez été sollicitées après votre communiqué par l'émission des clics et des claques, et vous n'avez pas souhaité intervenir, alors que ce fut le cas sur Canal +. Pourquoi?

La Barbe intervient en amont, c'est-à-dire que son rôle est de rendre visible les inégalités, pas de proposer des solutions. Ces solutions existent, elles sont portées par d'autres associations ou groupes. Il suffit juste de le vouloir et de les mettre en oeuvre ! La Barbe ne débat pas avec ses cibles : elle les félicite, les encourage à persévérer dans leur ringardise, elle joue le rôle de miroir. c'est pourquoi nous n'avons pas répondues favorablement à l'invitation d'Europe 1.

Pensez-vous mener une action dans la presse écrite ?

Nous avons déjà mené des actions dans le secteur de la presse écrite : Libération par exemple. et nous avons félicité le Monde lors de notre passage à Canal+. Mais bien entendu nous apprécions énormément la virilité du Figaro, de l'Express, d'Alternatives économiques, et de tant d'autres, et nous avons envie de leur faire part de notre admiration dans les plus brefs délais...

 

En cette rentrée médiatique, les actions de la Barbe ont suscité le débat, c'est certain. Tout récemment c'est la rédaction du Point qui a été épinglée. La question que l'on peut se poser à la suite de ces actions est, au sein des rédactions concernées, où les postes à responsabilité sont détenus par des hommes en majorité, comment faire pour que la situation évolue? Isabelle Germain esquissait quelques pistes de réflexion en mars dernier sur le blog d'Erwann Gaucher.

 

Mais le chemin est encore long à parcourir pour que des femmes accèdent à la direction d'un grand journal, telle Dominique Quinio à la Croix. Sur France 2, Eric Zemmour et Eric Naulleau évincés, ce sont deux femmes qui ont été choisies par Laurent Ruquier pour les remplacer, Natacha Polony et Audrey Pulvar. Lors de la première édition d'On n'est pas couchés, les critiques de leur prestation n'ont pas manqué et hasard ou coïncidence, elles émanaient principalement d'hommes... CQFD? Personnellement je trouve les deux journalistes très pertinentes. L'intérêt de leurs interventions dépend aussi grandement des invités auxquelles elles sont confrontées et il faut bien avouer que le plateau du 5 septembre n'était pas forcément passionnant, ceci malgré ou grâce à Martine Aubry.

 

Pour terminer sur une note locale, Elle Bordeaux se fait l'écho cette semaine de la première action du groupe La Barbe en Aquitaine et présente sa nouvelle porte-parole. Avis aux militantes qui souhaitent porter ce débat en région!

 

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Elle du 10 septembre, supplément Bordeaux et sa région

Tag(s) : #Discriminations