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Il se passe toujours quelque chose dans le monde des agences. Un nouveau budget, un nouvel arrivant. Mais changer de nom après plusieurs années d'existence, c'est quand même un gros enjeu.

Quand EurosRSCG a annoncé son rebranding en Havas la semaine dernière, on a vu tous les dirigeants du groupe être interviewés pour expliquer ce changement, de Yannick Bolloré et David Jones en passant par Mercedes Erra et Stéphane Fouks. Ce dernier a donné une longue interview aux Echos en début de semaine, dans laquelle il essaie de faire passer un message : les entreprises sont des clients plus faciles à gérer que les politiques. On comprend d'ailleurs que financièrement, ce sont des clients plus solvables, mais ce n'est pas le point sur lequel il insiste le plus. Il revient sur la difficulté du métier de communicant politique, son exigence et la part minime qu'elle constitue dans son activité. Soit.

Interrogé sur d'éventuelles répercussions de l'affaire DSK sur l'activité d'Havas, il s'empresse de nier tout impact : "A quoi sert une agence qui ne serait à vos côtés que quand tout va bien ? La vérité, c'est que la loyauté a une valeur pour nos clients. Cette affaire ne nous a pas fait perdre de clients - au contraire !"

Patatras! 48h plus tard, on apprend grâce au Canard Enchaîné, que le Lab relaie, qu'Havas est blacklistée par le gouvernement, à la demande expresse de François Hollande! Arnaud Montebourg et Manuel Valls, qui ont recours au service de l'agence, sont particulièrement visés par cette recommandation. La raison de cette vindicte présidentielle? DSK bien sûr. Alors que l'affaire du Carlton de Lille vient d'être classée sans suite, les soubresauts de son arrestation à New-York en mai 2011 se font encore sentir.

Il y a encore un mois, Stéphane Fouks assurait dans la réédition de l'excellent livre "les gourous de la com" dont je vous parlais ici que la situation était tout autre, expliquant entre autre : "A partir du moment où l'on restait discret, il n'y avait aucun problème pour Hollande que l'agence soit là".

Mais les rancoeurs politiques sont tenaces, et il est à parier que si l'impact de cette vendetta ne se fera pas sentir dans le chiffre d'affaire immédiatement, elle pourrait en avoir un, au moins au niveau de certaines entreprises dont l'état est actionnaire, à plus ou moins longue échéance.

Rappelons que parmi celles-ci, les clients d'Havas sont : Areva, EDF et France Télécom notamment. D'autres dépendent en partie de la commande publique : Veolia, Peugeot.

Affaire à suivre donc.

Tag(s) : #Actu