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La nouvelle est tombée aujourd'hui, Laurent Joffrin a été mandaté par l'actionnaire majoritaire de Libération Edouard de Rothschild, son employeur actuel et Claude Perdriel, son ancien patron au Nouvel Observateur pour réfléchir à un rapprochement des deux titres. Un mercato avant l'heure?

 

Alors que Denis Olivennes devrait arriver en janvier au sein du Groupe Lagardère pour diriger Europe 1 mais aussi la direction opérationnelle du nouveau pôle d’information du Groupe réunissant Paris MatchLe Journal du dimanche (JDD) et Newsweb, la filiale gérant les sites web de ces médias, la question de sa succession se pose de façon aiguë. Tout avait commencé avec l'annonce du départ d'Alexandre Bompard pour diriger la FNAC qu'Olivennes avait lui-même dirigé avec de rejoindre le Nouvel Observateur au moment du départ de... Joffrin! Vous suivez?

 

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Union logique?

 

Alors quoi? Comme dans tous les secteurs, seul un petit nombre de dirigeants se partagent les postes-clés dans les médias. Ce jeux de chaises musicales n'est-il que le résultat d'une ambition importante d'un Alexandre Bompard frustré de n'avoir pas été nommé à la tête de France Télévision? Ou bien est-elle le symptôme d'un mal plus profond, celui de la difficulté des médias traditionnels à repenser leur modèle économique?

 

L'alliance hypothétique du Nouvel Observateur et de Libération n'a rien de surprenant. Sur le plan des idées, ces deux rédactions défendent des positions semblables. Rien d'étonnant si lors du dernier plan de départ de Libération certains journalistes ont quitté la rédaction pour... le Nouvel Obs! Christophe Boltanski, Florence Aubenas notamment. Aujourd'hui si Libération peine à maintenir sa diffusion papier, la rédaction a su adapter son offre de contenu au web, son application iPad a connu un certain succès. Du côté du Nouvel Observateur, après avoir été leader, le site nouvelobs.com a été allègrement dépassé par ceux du Monde et du Figaro. Comment survivre alors que nouveaux acteurs pure players dont des ex de Libé (Rue89) tirent correctement leur épingle du jeu? Éternelle question à laquelle les deux titres vont devoir trouver une réponse alors que Claude Perdriel a par ailleurs demandé à Laurent Joffrin de rependre... son ancien poste!

 

Un modèle en question

 

Les deux marques « de gauche » que sont Libération et le Nouvel Observateur sont complémentaires même si d'importantes différences de culture existent entre les deux rédactions. L'un est un titre qui a su rester tendance dans son adaptation aux nouveaux usages, avec un look très léché et prisé par les acteurs du monde culturel bien qu'ayant une diffusion qui s'érode de plus en plusn quand l'autre reste assez traditionnel dans sa maquette mais leader des hebdos généralistes en diffusion... Que peuvent donc envisager les deux rédactions? Un quotidien + un hebdo + un site ? Des suppressions de postes de journalistes et de techniciens sont forcément à craindre. Mais est-ce le prix à payer pour survivre dans un environnement ultra-concurrentiel?

 

Si l'un des deux venait à disparaître, ce serait une manière d'envisager le monde et de le restituer qui disparaîtrait. A une époque où la presse écrite française vit aussi grâce à des subventions de l'Etat et doit faire face à des journalistes d'investigation publiant sur internet (comme Mediapart) débusquant des scoops, le débat prend un tour politique. Que cela concerne la survie de la presse papier ou le nouveau modèle de journalisme en ligne. Les affaires Bettencourt et Karachi ont laissé éclater une rare agressivité des politiques face aux journalistes de ces sites, mettant tous les sites d'information sur le même plan sans opérer de distinction entre des sites comme LePost ou Mediapart. Une erreur de fond, tant les styles et les manières de travailler sont différentes.

 

 

La survie du modèle


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Mais revenons à nos journaux papiers. Si la survie de ces titres réside dans l'alliance de plusieurs rédactions, c'est aussi l'alliance des méthodes et des supports qu'il faut repenser. La sacro-sainte « convergence » prônée par tous les experts des médias semble déjà dépassée. C'est aussi la déontologie et la fiabilité des sources qui doit faire la différence. Les tenants du modèle traditionnel critiquent sans vergogne la presse en ligne mais le travail de Mediapart dans l'affaire Karachi est un modèle du genre.

 

Quid du data journalisme? Wikileaks a permis à 5 titres dont Le Monde d'analyser les données diplomatiques volées aux Etats-Unis, ce qui pose encore d'autres questions de déontologie et nous ramène à la politique et à notre modèle de société.

 

Alors quoi? Aller contre le mouvement est une cause perdue. Comment prendre le train en marche et savoir dans quelle direction il va?

 

Journalistes de tous les supports unissez-vous? La question aujourd'hui est aussi économique avant d'être politique malheureusement. On appelle cela le réalisme. Ça me rappelle que je parlais de journaux de « gauche » au début de ce post. Mais d'ailleurs c'est quoi la Gauche aujourd'hui?

 

 

 

 

Tag(s) : #Actu